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Les archives de l'école : 1900 - 1945

Les archives de l'école : 1900 - 1945
Nous revoici à l'école en 1900, avec Monsieur Jean Maubaret, instituteur originaire de Lencouacq. Quant aux élèves, une quarantaine, nous reconnaissons des noms de famille encore connus dans la commune : Escoubet, Lamoulie, Gleyze, Tastet, Labarbe, Minor, Descat, Jaymes, Gourgues, Labat, Baris, Castède, ....

L'école de Ginx 

Nous avons retrouvé les plans et croquis d'architecte pour l'école actuelle datés de 1906, mais l'école devait auparavant fonctionner dans d'autres locaux puisque j'ai retrouvé la mention « Lafitte Jean, né le 26/3/1885, inscrit le 8/4/1891, passé au Ginx, (section d'Arue), le 11 Novembre 1894 ». Il existe une liste des élèves de l'école du Ginx pour l'année scolaire 1911/1912; ils étaient vingtneuf, avec les quarante d'Arue, cela faisait environ soixante-dix enfants de cinq à douze ans…

L'absentéisme ne s'est pas amélioré. Tous les parents, sur 300 inscrits jusqu'en 1945 étaient uniformément « Cultivateurs », si l'on excepte une dizaine de professions atypiques : un tailleur, un scieur, un berger, un domestique, un charbonnier, un tisserand, un meunier, un aubergiste, deux cantonniers-garde-barrière, et en 1939 deux ouvriers d'usine (papetiers)…

Lorsqu'ils sortaient de l'école, à douze ans, les élèves n'avaient d'autre alternative que d'aider leurs parents à la ferme, le commentaire de sortie étant « Travaille la terre avec ses parents », à une ou deux exceptions près. Ce qui montre une grande homogénéité sociologique. Certaines filles, bonnes élèves, ont été retirées de l'école à onze ans pour aider leur mère malade ou s'occuper des petits frères et soeurs. Les appréciations: Le livret scolaire n'existait pas encore, mais les élèves se voyaient gratifiés à la sortie d'une appréciation qu'on jugerait aujourd'hui peu objective et inacceptable… Si beaucoup commençaient par « Bonne conduite,.... », on trouvait quelquefois un« élève presque idiot » qui laisse quelques doutes sur la formation pédagogique des enseignants....

On peut retrouver indirectement dans les registres les grands traumatismes de l'histoire de France du 20ème siècle :

1902 :

La pauvreté n'empêchait pas une esprit de solidarité avec le reste du monde, un reçu atteste la participation à la souscription nationale en faveur des sinistrés de la Martinique ( éruption de la Montagne Pelée). Les élèves et le maître d'Arue avaient collecté six francs versés à l'Agent des Finances.

La Première guerre mondiale :

Beaucoup de jeunes hommes ayant été tués, les naissances se sont raréfiées, on constate une baisse des effectifs (21 élèves en 1926). C'est de cette époque que date la féminisation du corps enseignant. Monsieur Albespeyres marque la fin de la lignée d'instituteurs d'Arue, il est remplacé en 1923 par Melle Larrouder, et il n'y aura plus que des institutrices jusqu'en 1945. Bizarrement, le souci de calligraphie semble avoir disparu à cette époque. N'aurait-on pas cru les femmes plus appliquées que les hommes? Eh bien non, elles semblent plus pressées !

La deuxième guerre mondiale :

En Octobre 1939, quatre élèves réfugiés alsaciens ont été inscrits, jusqu'au 15 Juin 1940, où on lit la mention "rentré en Alsace ". La dernière inscription d'élève faite par Melle Andrieu (institutrice d'Arue depuis 1928) est datée du 3 Octobre 1941. J'ai su par Mme Annette Béziat, qui l'aimait beaucoup, qu'elle a été arrêtée par les Allemands.... On a de la peine à le croire, mais les vieux registres, ça parle ! Si les suivants sont moins dramatiques, je ne vous en dirai rien, car ils n'appartiennent pas encore à l'histoire… Peut-être pourrez vous lire dans cinquante ans les commentaires de mes successeurs, il y aura alors prescription !

C.P.

Télécharger les pages consacrées à l'Histoire de l'école qui ont été publiées dans le bulletin municipal :